Les 40e rugissants, 50e hurlants, un jeu d’enfants ? Même pour des marins de haute mer, ces zones sont parfois un enfer…

Le vendée Globe et les mers du Sud - Météo 85

Les 40e rugissants, nom donné aux latitudes par les marins entre les 40° S et 50°S, correspondent à une zone de vents forts et d’une mer formée que presqu’ aucun continent n’arrête ou ne freine, à part le Cap Horn en Amérique du Sud.

C’est dans cette zone que Kévin Escoffier s’est fait briser son bateau en deux par 28 noeuds, par une vague extrêmement violente (peut-être une vague scélérate…) au large de l’Afrique du Sud avant d’être secouru par Jean Le Cam.

Cette année, la zone des glaces est bien plus au Nord sur le Vendée Globe par sécurité et ces derniers n’auront pas à entrer dans les 50e hurlants (sauf au Cap Horn où ils n’en auront pas le choix).

Il faut savoir que fin décembre, ce sera l’été dans l’hémisphère sud et les glaces se détacheront en nombre. CLS gère la surveillance par satellite de la dérive des glaces et le PC course peut réajuster en fonction la surface de la zone des glaces.

Les 50e hurlants sont bien pires de réputation.

Il s’agit de la zone située entre 50°S et 60°S. On approche du cercle polaire Antarctique et la mer est souvent très grosse et les vents violents et plus aucun continent n’arrête les dépressions et la houle sur son passage.

Il est dit que « sous 40°, il n’y a plus de loi, mais sous 50°, il n’y a plus de Dieu ».

Le fait est qu’en-dessous de 40° Sud, le trafic maritime est faible et en-dessous de 50° Sud, vous serez peut-être le seul face à votre destin (avec éventuellement quelques bateaux militaires ou scientifiques en mission dans les Terres Australes Françaises).

Nombreux ont été les naufrages dans cette zone plus particulièrement près du Cap Horn, lorsque les télécoms n’étaient pas encore utilisées ou à cause des glaces remontant du Sud.

Les plus sournois sont les growlers.

Pire que des Icebergs classiques, ces petits morceaux de glace dépassent parfois à peine de l’eau et sont visibles au dernier moment.

Ils ne se content pas de percuter tels les conteneurs ou rondins de bois les bateaux mais peuvent véritablement trancher la coque comme des lames de rasoir.

Nombreuses étaient les insomnies des skippers lors des précédents Vendée Globe à l’approche de la zone des glaces et la remonter est peut-être une perte de temps pour le record mais un véritable gain de sécurité pour les marins !

Quels risques sur Virtual Regatta ?

Presqu’aucun !

  • Les growlers et les OFNIs, tout va bien, personne n’en a encore pris, quelques heures de sommeil gagnées…
  • Les vagues scélérates de 30m, les démâtages, les voies d’eau, on oublie et on gagne de nouvelles heures de sommeil…
  • Les échouages en Antarctique sont possibles, mais dans très longtemps, car lorsque vous arriverez dans la zone des glaces, votre vitesse sera TRÈS FORTEMENT ralentie, ce qui n’est pas souhaitable (évitez de dépasser la ligne rouge à moins de vouloir explorer l’Antarctique), surveillez l’heure de passage de la ligne rouge si vous allez vers le sud.
  • Il va falloir optimiser votre course entre les dépressions qui vont aller plus vite que vous et surfer au maximum dessus et les périodes plus calmes entre cette fameuse ligne rouge et les continents au-dessus (il y en a peu). Attention par contre aux petites îles surprises comme Kerguelen ou autres, mieux vaut zoomer suffisamment.

Conseil pratique : Sachez que plus vous êtes au Sud, plus vous irez vite avec un même vent, la distance à parcourir est moins grande sur la carte qui est volontairement aplatie (nous faisant parfois oublier à quel point la Terre est arrondie…).

Benjamin – Météo 85 Pro (meteo85 sur Virtual Regatta, 4e Vendée Globe virtuel)