le gel tardif, comment l’anticiper?

Le gel tardif, un phénomène météo destructeur de plus en plus présent

2016, 2017, 2019, 2020… 2021?

Cela fait plusieurs années maintenant que les vignes françaises subissent les effets destructeurs du gel tardif.

Dans cet article, nous allons voir quels sont les types de gel et leur période d’intervention.

gel tardif
source Pixabay

Qu'est-ce que le gel tardif et quand intervient-il?

Le gel tardif (aussi appelé gel de printemps) intervient lorsque les températures descendent en-dessous de 0°C et que certaines cultures comme la vigne par exemple ont atteint un stade avancé de développement.

Il diffère du gel précoce qui intervient dès l’automne lorsque la végétation n’est pas encore endormie et du gel classique qui lui intervient en hiver et fait peu de dégâts car en période de repos végétatif.

Il intervient généralement entre fin mars et mi-mai en Europe de l’Ouest.

Le gel entraînera la formation de glace dans les cellules des bourgeons et leur éclatement, détruisant les tissus.

On peut l’observer après coup par un ramollissement du rameau et un noircissement et déssèchement du à l’oxydation par rayonnement solaire.

Même si les bourgeons secondaires ou tertiaires repartent, la perte de rendement sera souvent importante car ceux-ci sont moins fructifères.

gel tarfid bourgeons
source Pixabay

Quels phénomènes atmosphériques conduisent à l'apparition du gel de printemps ?

Il existe trois principaux types de gel que l’on retrouve de manière générale :

  1. Le gel par advection
  2. Le gel radiatif
  3. Le gel par évaporation

Pour chacune de ces catégories, de nombreuses situations météorologiques différentes peuvent conduire à l’apparition du gel. Nous allons voir ici les principales.

1. Le gel par advection

Dans le terme « gel par advection », il y a deux mots clés : « gel » qui consiste au changement d’état de l’eau ou du gaz en glace à une température inférieure à 0°C sur la plante située entre le sol et 1 m de hauteur généralement et « advection » qui signifie transport d’une quantité par le mouvement du milieu environnant, pour ainsi dire le vent horizontal.

Lorsqu’il y a gel par advection, la température de l’air au-dessus du sol est homogène sur la première centaine de mètres d’altitude, brassée par le vent (l’advection). Le gel est donc incisif et difficile à maîtriser car généralisé.

neige
source Pixabay

Les conditions météo à l'origine du gel par advection

Ce type de gel est rare au printemps sur l’Europe de l’Ouest et occasionnel en hiver.

Il est lié généralement au passage d’un front froid actif sur la France avec à sa suite un air froid, sec et venteux.

Sa durée est généralement de quelques heures.

Les moyens de lutte in-situ sont extrêmement réduits pour ce type de gel étant donné le brassage de l’air par le vent à des températures négatives.

On appelle le gel lié à l’advection la gelée noire. Son nom est lié notamment à la couleur noire que prend la végétation après son passage.

2. Le gel radiatif

On entend « gel radiatif » la baisse de la température de surface sous les 0°C par refroidissement radiatif autrement nommé refroidissement infra-rouge.

Lors d’un gel radiatif, la température de l’air au-dessus du sol est hétérogène sur la première centaine de mètres d’altitude et il fait souvent plus froid près du sol qu’en altitude.

La chaleur infra-rouge émise par le sol fait diminuer son énergie interne et donc sa température.

forêt hiver
source Pixabay

Nous sommes tous radiatifs

C’est le même phénomène qui se produit lorsque l’on dort la nuit et que l’on bouge peu, le corps se refroidit car il rayonne.

Votre corps émet un rayonnement « infra-rouge thermique » invisible à l’oeil nu car à des énergies plus faibles que ce que l’on peut percevoir (longueur d’onde > 800 nm alors que notre oeil voit dans les longueurs d’onde 400-800 nm).

Le corps humain émet environ 100 Watts d’énergie invisible à l’oeil nu (un radiateur standard émet 1000 W).

Ce qui explique pourquoi vous avez « chaud » ou que la température monte lorsque 100 personnes sont regroupées dans une pièce.

On perçoit ce rayonnement par la variation de température mais on ne le voit pas.

Les conditions météo à l'origine du gel radiatif

Généralement lorsque l’on est en présence d’une dorsale (anticyclone) et que le vent est très faible ou nul, il peut apparaître un gel radiatif.

Ce phénomène de refroidissement radiatif (souvent appelé refroidissement diurne) fait naître de forts contrastes de températures comme dans les principaux déserts (Sahara, Gobi) et hauts plateaux (Colorado) où le gel intervient parfois.

Schématiquement, en journée, le soleil réchauffe l’atmosphère avec ce qu’on appelle le rayonnement ultra-violet principalement. Ce rayonnement est atténué par les aérosols, gouttelettes des nuages ou hydrométéores et gaz de l’atmosphère. Il est ensuite renvoyé sous forme de rayonnement infra-rouge. Une partie de ce rayonnement atteint directement le sol.

Les végétaux, minéraux, l’océan et les êtres vivants absorbent plus ou moins de rayonnement UV + rayonnement infra-rouge provenant de toutes ces sources d’énergie.

Le rayonnement infra-rouge est bien moins puissant et énergétique que le rayonnement ultra-violet ou visible.

Le gel radiatif intervient généralement en 2e partie de nuit

En revanche, lorsque la nuit tombe, lorsque les conditions sont calmes et stables, le rayonnement visible n’est plus présent et c’est le rayonnement infra-rouge qui domine.

Il se propage du sol vers l’espace sans être renvoyé si aucun nuage ou aérosol n’est présent sur sa route. Ainsi, la température descend pour atteindre parfois les 0°C. C’est alors que le gel radiatif peut intervenir.

Si des nuages sont présents, alors il peut aussi être réfléchi vers le sol, ce qui aura pour effet d’atténuer ou d’annuler la perte de chaleur et donc de conserver des températures « douces » la nuit et empêcher tout gel radiatif.

Attention, si les nuages sont élevés (de type cirrus par exemple), le rayonnement infra-rouge reçu par le sol sera bien moins important que si les nuages sont bas (stratus). La température pourrait bien descendre en-dessous de 0°C si vous avec un fin voile nuageux !

Le gel radiatif conduit à l’apparition de gelée blanche. Le nom « gelée blanche » est lié à la couche de givre présente sur la végétation et autres surfaces.

3. Le gel par évaporation

Un peu de thermodynamique simplifiée permet de comprendre le gel par évaporation.

Lorsque vous sortez de la douche, vous avez généralement froid.

L’eau présente sur votre corps plus chaude que l’air ambiant va (pour descendre à la température de la pièce) libérer de l’énergie en s’évaporant. Énergie que notre corps va transmettre aux gouttes d’eau jusqu’à ce qu’elles soient évaporées et qu’un équilibre soit atteint.

C’est le phénomène similaire qui se passe pour le gel par évaporation. Le sol humide (« douché » par les pluies qui ont précédé) est plus chaud que la masse d’air froide et sèche qui est au-dessus.

Pour rétablir un équilibre thermique, le sol va donc libérer de l’énergie en évaporant l’eau qu’il contient. Sa température va alors baisser jusqu’à descendre sous les 0°C.

gel évaporation
source Pixabay

Conditions météo à l'origine du gel par évaporation

Le gel par évaporation peut se produire s’il a beaucoup plu et que les températures sont proches de 0°C. Il est ponctuel en hiver et rare au printemps. Il intervient généralement après les passages successifs d’épisodes pluvieux.

Lorsqu’un vent très faible est présent, permettant le brassage de l’air, il peut aussi apparaître un brouillard. Ce dernier peut pomper de l’énergie à la surface du sol et s’épaissir jusqu’à un certain point d’équilibre. Ce qui ne garantit pas la fin de la gelée.

Réchauffement du climat = augmentation de la virulence du gel tardif

L’idée peut paraître absurde mais c’est un fait qui est observé depuis quelques années.

Voici le scénario auquel il va falloir prêter attention ces prochaines années :

  1. La température moyenne en surface du Globe augmente depuis ces dernières années. La conséquence : des hivers plus doux, moins de glace globalement en surface et des épisodes de gel plus ponctuels.
  2. Qui dit hiver plus doux dit végétation qui démarre dès février ses bourgeons. L’hiver se terminant officiellement fin mars et les gelées mi-mai en plaine.
  3. La végétation par essence n’ayant pas connaissance du réchauffement climatique et des risques qu’elle encourt. Elle continue alors à grossir dès que les épisodes doux et ensoleillés interviennent.
  4. Fin mars-début avril, la végétation est déjà très avancée et les bourgeons aussi. Il fait alors autour de 20°C et les tee-shirts sont de sortie.
  5. Fin avril, un bel anticyclone se bloque sur le pays et terrasse de gelées à -3/-4°C la végétation, une fois de plus.
  6. Les anciens dans l’ouest vous diront qu’ « avant, on ne voyait ça qu’une fois en 40-50 ans et qu’aujourd’hui c’est tous les 2 ans voire tous les ans. »
gel tardif et rechauffement climatique
source Pixabay

Les solutions doivent être déployées au bon moment

Le gel tardif, c’est l’effet cambriolage. Une fois qu’il est passé, vous avez peu de chances de récupérer vos biens.

La météo n’étant pas une science exacte, on ne peut pas le prévoir avec 100% de certitudes.

Il existe donc plusieurs solutions similaires aux solutions anti-cambriolage:

La solution capteur low-cost ou high-tech

  1. Prendre une caméra pour surveiller l’intrusion avec une alarme qui vous réveille pour déclencher vos moyens de lutte <=> Pour nos vignes, on ira choisir une solution de capteur météo connecté qui enverra des alertes météo en temps réel. Il existe des capteurs ou stations météo connectées que vous pouvez soit installer dans votre jardin (wifi) aux alentours de 200€, les moins onéreuses mais plutôt complètes ou d’autres plus chères « mais » plus proches de la vigne que vous pouvez installer sur place (en ondes longue portée LoraWan ou Sigfox), aux alentours de 350€ les 2-3 capteurs ou 800€ la station complète. Si vous souhaitez faire de vrais relevés climatique, optez pour une Vantage PRO qui sera au-delà de 1000€ mais vous offrira une grande précision. À chaque raisin son budget défense et sa solution !
    station vantage pro

    Station Vantage PRO – source Pixabay

    Voir plus loin avec des alertes mail/SMS et une prévision améliorée

  2. La caméra, c’est bien mais si je suis loin de ma vigne ou que mes moyens de lutte sont longs à déclencher, il vaut mieux anticiper le piégeage ! <=> On choisira plutôt des alertes météo 48h en amont, qui nous permettront de vérifier à chaque mise à jour des prévisions (toutes les 6h) que le risque est toujours présent via un abonnement avec alertes, pratique si vous n’avez pas le budget initial pour les capteurs ou stations connectées : cliquez-ici pour anticiper le gel tardif et les autres phénomènes météo.
    alertes SMS copyright meteo 85 pro

    Alerte SMS personnalisable – MÉTÉO 85 PRO

    L’artillerie lourde avec la combinaison capteur connecté, intelligence artificielle et alertes mail/SMS

  3. Encore plus pratique, l’alerte pour anticiper combinée à l’alerte capteur pour confirmer le début du gel. On met alors toutes les chances de son côté avec une solution connectée qui a fait ses preuves l’hiver dernier en améliorant de 35% la prévision de gel à +12h, le capteur permettant la correction en temps réel des prévisions à l’aide d’intelligence artificielle ! Comptez entre 500€/an et 800€/an au départ avec 250€ d’abonnement annuel ensuite et comparez au prix des dégâts des dernières gelées de printemps pour vous donner une idée : Contactez-moi pour en savoir plus
    prévision connectée copyright meteo 85 pro

    Prévision de gel en temps réel par station connectée à base d’intelligence artificielle et comparaison multimodèles – MÉTÉO 85 PRO

    Rien ne vaut l’expertise du prévisionniste qui combinera, critiquera les modèles et permettra une analyse ciblée, précise.

  4. L’idéal mais attention, l’offre est limitée, en plus de l’innovation technologique capteur + intelligence artificielle, l’expertise critique d’un météorologue qui saura déjouer la plupart du temps par son expérience les pièges de la prévision automatique à partir de 379.99€/an (sans capteur connecté) : Contactez-moi pour en discuter
    bulletin conseil expertisé copyright meteo 85 pro

    Bulletin conseil expertisé pour une demande personnalisée – MÉTÉO 85 PRO