Animation visible Eumetsat du Medicane Ionas qui va frapper la Grèce ce 18 septembre - source meteociel.com

Un Medicane est prévu demain vendredi en Grèce avec son lot de vent et de pluies abondantes.

Mais qu’est-ce qu’un Medicane?

Si ce mot vous paraît étrange ou que vous l’avez déjà entendu quelque part dans les médias, voici quelques explications.

Un Medicane, surnom dérivé des médias anglo-saxons de « MEDIterranean HurriCANE », traduit en français par cyclone subtropical méditerranéen, est un système dépressionnaire localisé en Méditerranée de la forme d’un cyclone subtropical.

L’habit ne fait pas le moine et en effet, ce n’est en aucun cas un cyclone comme l’on peut en voir en Floride ou aux Antilles.

Image satellite visible d’un cyclone tropical – WikiImages de Pixabay

Il s’agit d’une dépression frontale des moyennes latitudes qui peut cependant faire des dégâts. Tirant une partie de son énergie de la chaleur de la mer (un peu comme le cyclone), le Medicane demeure un système météorologique extrême, intervenant le plus fréquemment à la fin de l’été ou début d’automne lorsque la Méditerranée est la plus chaude (24-28°C) et que de l’air froid en altitude vient déstabiliser la masse d’air.

Température de surface de la mer autour de la Grèce ce 17 septembre – Source meteociel.com

Sa structure axisymétrique et très resserrée avec parfois ce qui ressemble à un « œil » de cyclone au centre, génère de forts vents et d’abondantes pluies orageuses.

Le Medicane peut prendre une taille de 300 à plus de 400 km de diamètre et prendre la forme d’un ouragan avec des vents pouvant dépasser localement les 130 km/h.

Ce système météorologique dit hybdride ayant des aspects tropicaux et frontaux passe par plusieurs phases de développement :

1- Développement de nuages convectifs près d’un centre dépressionnaire et fortes pluies sous orages.

2- Les orages s’organisent frontalement autour d’un centre de rotation prenant parfois l’aspect d’« oeil ».

3- Le système devient stationnaire et les vents se renforcent progressivement à plus de 50 km/h et la houle grossit. Les pluies sont abondantes et des inondations/coupures d’électricité ont parfois lieu dans les terres.

4- Le Medicane est ensuite assez mobile (30-40 km/h) sur une trajectoire en général bien appréhendée et les vents dépassent les 80-90 km/h. Les précipitations demeurent intenses mais commencent à faiblir. Le vent prend le relais et des arbres ou toitures peuvent être endommagées. En mer, les conditions sont souvent tempêtueuses.

5- Rapidement (en 24h), le Medicane peut s’essoufler en arrivant sur les terres ou en rencontrant une masse d’air plus stable en altitude ou des eaux plus fraîches en surface.

C’est en 1947 que l’on a commencé à voir ce phénomène se produire. Puis on en a dénombré :

– 1 dans les années 60.

– 3 dans les années 80.

– 4 dans les années 90.

– 4 dans les années 2000.

– 7 dans les années 2010.

– 1 pour l’instant en 2020 → 1 par an probablement d’ici 2030.

Le changement climatique ne concerne pas que l’atmosphère mais aussi (la principale source d’énergie) les océans et les mers (pour se rendre compte en poids sur une colonne : 1 atmosphère = 1 m d’eau de mer).

La mer et les océans captent une partie du CO2 émise par l’atmosphère et le réchauffement de l’atmosphère induit un réchauffement des eaux de surface.

Ours polaire sous l’eau – echoyan de Pixabay

Vous me voyez donc venir, qui dit réchauffement du climat dit réchauffement de la surface des mers et des océans et par conséquent augmentation des phénomènes atmosphérique et/ou de leur intensité qui tirent directement leur source d’énergie par les eaux de surface.

Les Medicanes ou les cyclones sont directement concernés.

Un Medicane (ou « Gascane ») serait-il possible dans le Golfe de Gascogne ?

Si celui-ci ne s’appelle pas un Medicane, ce type de phénomène pourra survenir à l’avenir si les eaux de surface se réchauffent.

Contrairement à la Méditerranée, l’Atlantique est un océan et son brassage plus important lié aux courants évite aux eaux de surchauffer l’été sur nos côtes.

Malgré ce brassage, les eaux de surface se réchauffent progressivement et on commence à voir apparaître ponctuellement des phénomènes similaires mais d’une intensité moindre dans le Golfe de Gascogne depuis les années 2010 en début d’automne lorsque l’eau est encore au-dessus de 20°C. À suivre dans les prochaines années.

Quand on parle d’urgence climatique, c’est aussi tout faire pour éviter d’avoir à tout reconstruire demain. Le coût de ces événements (inondations, dommages électriques, nappes de fioul suite à échouage, habitations endommagées partiellement ou totalement…) risque d’augmenter rapidement ces prochaines années.

Arbres déracinés suite à une tempête – PublicDomainImages de Pixabay

Le Medicane n’est donc pas un médicament miracle mais plutôt une piqûre de rappel du changement climatique qui s’accélère et qui nous concerne tous.